High-tech écolo : vers un nouveau Grenelle ?

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Publiée le : 26 octobre 2007 à 12:25 par Dimitri Charitsis

Green IT : génèse d'un concept

Le High-tech peut-il être écolo?Le high-tech a-t-il pour vocation la sauvegarde de la planète ? Depuis plusieurs années, l’enjeu environnemental s’est progressivement fait une place dans la logique des entreprises du secteur. Au point de donner naissance à un véritable concept : le “Green IT”. A l’heure du Grenelle de l’environnement, quelle est la véritable motivation des grands acteurs de l’informatique et de l’électronique grand public en matière d’écologie ? Peut-elle être considérée comme le nouveau leitmotiv des technologies des systèmes d’information ?

Vers une conscience écologique

Le vert n’est pas forcément très à la mode côté high-tech. Au royaume du « plus rapide, plus puissant, plus design », il n’y a, a priori, pas de place pour la conscience écologique. Au mieux peut-on espérer que la pression des consommateurs devienne telle que la sauvegarde de la planète soit érigée au rang de priorité.

Pour autant, quel crédit peut-on accorder à la sincérité des constructeurs lorsqu’ils mettent en avant l’argument vert ? Aujourd’hui, l’écologie semble être devenue un argument de vente au même titre que les caractéristiques techniques d’un produit.

Green IT

Bienvenue donc au carrefour du high-tech et de l’environnement. Tom’s Guide vous propose un tour complet du “Green IT”. Vous allez découvrir les entreprises réellement concernées et les moyens qu’elles emploient. Nous allons également vous dire si le high-tech et le souci de l’environnement sont vraiment conciliables, savoir si la haute technologie peut un jour rimer avec écologie.

1. High-tech et écologie inconcilliables?

250 millions de PC à recycler en 2007Par définition, high-tech et environnement sont deux concepts opposés. Du début à la fin de la chaîne de production d’un produit, qu’il soit GPS, APN, téléphone ou bien ordinateur portable, le facteur environnement est constamment menacé, à commencer par les matières premières. C’est également le cas au niveau du retraitement de ce matériel. Une étude du groupement “Green IT” indique qu’au cours de l’année 2007, 250 millions d’ordinateurs vont arriver au terme de leur “vie”. Or, seule une infime partie de ce total est recyclable, le reste étant à mettre au détriment de l’écologie.

L’enjeu énergétique

Il ne s’agit là que de la partie visible de l’iceberg. En plus des matières premières et de la question du recyclage, le high-tech pose le problème de la consommation d’énergie. La quasi-totalité des produits du marché sont non seulement gourmands en énergie mais produisent aussi de la chaleur. En d’autres termes, ils sont polluants ! Consommer de l’énergie équivaut à en faire produire et, par conséquent, à émettre du CO².

L’iPhone polluerait ...

iPhone GreenpeaceLe dernier exemple en date est la mise en accusation du produit phare de cette année, l’iPhone, par Greenpeace. L’ONG accuse Apple d’avoir utilisé plusieurs produits dangereux comme les phtalates ou encore les retardateurs de flammes bromés. Les informations regroupées dans un rapport complet (au format PDF) révéleraient également que ces produits compliquent le processus de recyclage du nouveau téléphone. Voir vidéo ci-dessous :

Tout semble donc éloigner le high-tech et la technologie, mais c’est sans compter sur un dénominateur commun particulièrement important : le consommateur.

2. Une prise de conscience lente

Centre de recyclage Canon en BretagneLes constructeurs n’ont pas toujours été aussi préoccupés par l’environnement qu’ils semblent l’être aujourd’hui. La conscience écologique est un fait sociétal qui a touché le high-tech au fur et à mesure de sa diffusion.

Il a d’abord été question de développement durable avec tout le flou artistique qui entoure cette idée prometteuse. Ce n’est que depuis un peu plus de deux ans qu’il est vraiment question d’écologie.

NokiaDell

Canon, Dell et Nokia, précurseurs

Les constructeurs pionniers en matière de protection de l’environnement méritent vraiment d’être salués. S’il ne fallait en retenir que trois, alors Nokia, Canon et Dell s’empareraient du podium tant ils ont saisi plus tôt que leurs concurrents l’importance d’une production soucieuse de la planète.

Ainsi, le Finlandais s’est évertué à utiliser des matériaux jugés “sains” depuis la fin des années 1990. Idem pour Dell, qui s’est rapidement illustré comme une entreprise responsable. Quant à Canon, depuis 1990 le Japonais a mis en place un système de recyclage de ses cartouches dont le centre névralgique est basé en Bretagne.

3. L’écologie : leitmotiv ou business ?

Green IT, vrai combat ou business?Étant donné l’attachement supposé que le consommateur accorde au respect de l’environnement, il convient de se questionner sur le bien-fondé de la conscience écologique des constructeurs. Essayons de voir si elle est issue d’une réelle préoccupation ou si ce n’est simplement qu’un moyen de promotion comme un autre, la vérité se situant sans doute entre les deux.

Quid de l’écologie business ?

Premièrement, le respect de certaines normes écologiques profite en premier lieu à l’entreprise. Par exemple, la réduction des coûts des dataserveurs entraîne des économies pour les sociétés qui les louent. Ensuite, l’image d’un constructeur respectueux de la planète est évidemment plus rentable que celle d’un mauvais élève.

Le top 14 écologique par GreenpeaceDes tonnes de matériel high-tech non recyclable

Toutefois, cette pression du consommateur est bien difficile à mesurer. Quelle crédibilité et surtout quelle place peut-il accorder à un classement tel que celui que réalise, chaque année, Greenpeace ? L’ONG se charge de noter les 14 acteurs principaux du high-tech en fonction d’un certain nombre de critères censés évaluer l’importance accordé à l’écologie dans le processus de fabrication et de distribution de leurs produits. Chaque année, les bons points se partagent ainsi entre Nokia, Lenovo et Dell, tandis qu’Apple se voit régulièrement attribuer le bonnet d’âne. Pour autant, cette remise en cause de la firme de Cupertino n’a pas l’air d’avoir entravé la bonne marche de ses affaires ... Greenpeace n’a, a priori, pas ralenti la propagation d’iPod et autres iPhones, que l’on sache !

Green Grid

Le Green Grid regroupe les acteurs principaux du marché ITÀ la vue de ces éléments, quelle crédibilité peut accorder le consommateur à un consortium tel que Green Grid, groupement volontaire d’acteurs IT dont la collaboration doit bénéficier à l’écologie, sachant que la plupart des acteurs du marché en font partie ?

4. Des produits toujours plus écolos

EcoBook par AcerS’ils sont encore marginaux, les produits high-tech orientés écologie sont de plus en plus nombreux à voir le jour. Qui plus est, ils ne prêtent plus forcement à sourire et sont dorénavant considérés comme des indicateurs probables de l’évolution des technologies.

Ainsi, la vague verte touche peu à peu toutes les familles de produits. Acer s’est récemment illustré en développant un PC dont la coque est réalisée en bois. L’EcoBook n’a pas donné lieu à une production en série mais le prototype a marqué les esprits.

LED : si écologique et déjà si répandue

Sans être aussi originales, certaines évolutions écologiques n’en restent pas moins impressionnantes. À cet égard la technologie d’écran LED est emblématique d’une avancée significative, tant pour l’aspect technologique que pour le côté écologique. Gain de clarté, mais aussi d’énergie, voici une rencontre réussie entre high-tech et technologie. Et que diriez-vous d’un baladeur multimédia qui ne tombe jamais en panne de batterie ? La solution s’appelle Eco Media Player, un PMP qui dispose d’une dynamo pour le recharger en quelques tours de manivelle.

Lampe LEDEco Media Player

Consommer high-tech tout en restant écologiste est une activité de plus en plus facile à pratiquer, sans pour autant devoir se ruiner. Il n’est nul besoin de déplacer des montagnes pour accomplir sa bonne action verte. L’un des périphériques les plus accessibles reste ainsi le disque dur. Western Digital a déjà mis au point un accessoire de stockage écolo : le caviar GP de 1 To.

Le WD Caviar GPL’écologie en matière de high-tech est par conséquent une réalité. Certes elle ne touche pas encore la majorité des produits, mais quel que soit la famille concernée, une consommation respectueuse de la nature est possible et parfois même accessible.

5. Vecteurs de diffusion des principes écologiques

Le premier impact de la prise de conscience environnementale de la part des constructeurs a valeur d’exemple. À ce titre, l’initiative d’AMD (numéro 2 mondial des processeurs) mérite d’être soulignée. Au printemps dernier, la société américaine a promis de réduire considérablement sa consommation d’énergie. Ainsi, son directeur de la stratégie, Larry Vertal, a affirmé son intention de réduire de 40% l’émission de gaz à effet de serre par rapport à 2002. Dans la foulée, il a fait construire un nouveau complexe de bureaux à Austin (Texas). Or ceux-ci sont alimentés en énergie renouvelable exclusivement.

Evolution des mœurs

La conscience écologique peut également aboutir à des initiatives concrètes. Ainsi, le Climate Savers Computing, rassemble une fois n’est pas coutume des acteurs majeurs du high-tech et d’Internet. Leur but consiste à dégager de subventions toutes les conséquences nocives des ordinateurs.

Le site Greenquizz
Le site Earthday

Sur Internet, les moyens de promotion des idéaux environnementaux sont aussi nombreux et variés. Des sites d’information pure, tels que ceux des grandes ONG côtoient les initiatives les plus originales telles que GreenQuizz, qui se propose de planter un arbre pour chaque bonne réponse d’un internaute sur son questionnaire. Signalons aussi le site Topten.ch, hébergé en Suisse, qui permet de faire le tri entre les produits pensés à la mode écologie et les autres.

Il convient également de citer les sites qui permettent de calculer sa propre consommation personnelle d’énergie, au rang desquels Earthday.net fait figure de référence, tout comme Yahoo ! Green.

6. Vers un mariage high-tech et écologie ?

Recyclons ! Le high-tech et l’écologie ont donc, à n’en pas douter, un avenir commun. Bien que leurs objectifs soient radicalement différents, chacun a désormais besoin de l’autre pour pouvoir avancer.

Le premier ne peut se passer du second, ne serait-ce que parce que la pression des consommateurs est réelle sur ce point. Cette attente se traduit dans les urnes et ainsi dans la législation. De cette manière, la norme RoHS (Restriction of Hazardeous Substances), issue d’une décision européenne, contribue désormais à règlementer le recyclage, y compris dans le high-tech justement !

Un futur commun

Une batterie fonctionnant avec des bactériesEnfin, qu’elle le veuille ou non, l’écologie ne pourra se passer de technologie si elle souhaite être plus efficace. il est impensable de s’en priver. Par exemple, il va certainement falloir des avancées techniques pour résoudre les problèmes importants posés par les serveurs et leur consommation, tout comme il faut absolument réduire de manière significative notre consommation d’énergie moyenne. Des solutions sont à l’étude, comme l’utilisation de bactéries pour alimenter la batterie d’appareils tels que le téléphone portable.

Source : Tom's Guide

Tom's Guide - http://www.tomsguide.com