Adresse : http://www.bestofmicro.com/actualite/test/326-1-qnpa-ts109.html
Publiée le : 5 juin 2008 à 10:30 par Pierre Dandumont
Le TS109 Pro : attention aux préjugés
Les disques durs externes sont de plus en populaires, les prix en diminution et la multiplication des données numériques aidant, il se retrouve maintenant chez la majorité des utilisateurs d’un ordinateur. Malgré tout, les disques durs externes ne servent en général qu’à une chose : stocker.
Imaginons un disque dur externe silencieux (sans ventilation). Imaginons un disque dur externe qui va sur Internet et télécharge seul la dernière version de votre... distribution Linux préférée, qui est disponible en exclusivité aux États-Unis. Imaginons un disque dur qui peut recevoir une clé USB et la sauvegarder en une pression d’un bouton. Imaginons un disque dur qui peut partager la musique dans toute la maison via iTunes. Tout cela peut sembler complètement fou, on parle d’un disque dur externe, non ? Et pourtant, ce genre de chose existe, et ça s’appelle un NAS.
NAS. Un mot qui peut faire peur, dont on ne connaît pas la définition. Comme nous sommes vraiment sympathiques, nous allons vous apprendre (ou pas) que ça veut dire « Network Attached Storage », ou plus simplement qu’il s’agit d’un disque dur qui se relie au réseau. Souvent considérés d’emblée comme des produits de Geeks ou destinés à des professionnels, les NAS sont pourtant des appareils qui peuvent rendre de nombreux services.
Nous avons testé le QNAP TS109 Pro, un modèle qui peut sembler austère mais qui est en fait vraiment intéressant pour un usage familial. Procédons, en espérant que cette introduction vous ait donné l’envie de lire le test.
1. L'installation : même ta mère peut le faire
Le QNAP TS109 Pro est livré sans disque dur, pour permettre de choisir la capacité qui est nécessaire : comme on trouve facilement des disques durs de 750 Go à moins de 100 €, ce n’est pas réellement un problème. Pour notre test, nous avons fait les petits joueurs : nous nous sommes limités à 160 Go.
Horreur, le disque dur n’est pas fourni et il faut l’installer. Et bien non, c’est simple. En fait, pour peu que vous sachiez utiliser un tournevis, vous devriez y arriver (si le tournevis vous rebute, désolé, on ne peut rien faire). Première étape : enlever deux vis. Deuxième étape : faire coulisser le boîtier. Troisième étape : placer le disque dur (SATA). Quatrième étape : visser le disque dur. Cinquième étape : refermer. Voilà, c’est tout.
Le QNAP nécessite d’être branché à un réseau, et un câble Ethernet est évidemment fourni. C’est assez simple aussi : d’un côté sur le TS109, de l’autre sur une prise Ethernet sur votre routeur ou votre Box. Ensuite, il suffit de brancher l’alimentation et d’appuyer sur Power. L’appareil s’allume et voilà, c’est fini.
Ensuite, il ne reste plus qu’à initialiser l’appareil : un programme fourni (pour Mac OS X ou Windows) permet d’installer l’appareil et de le configurer rapidement. Une fois l’installation effectuée, la configuration du NAS est disponible avec un simple navigateur.
Normalement, vous venez d’installer le NAS en environ une quinzaine de minutes (et nous voyons large).
En examinant le NAS, on remarque une connectique complète : un port USB en face avant, deux ports USB à l’arrière, une prise eSATA, une prise Ethernet, un connecteur pour l’alimentation et même un connecteur Kensington (qui va protéger le précieux NAS du vol).
2. Les fonctions : gestion des fichiers et site Internet
Quand on arrive sur la page du TS109 Pro, on se retrouve devant un choix d’options : Web File Manager, Web Server, Multimedia Station et Download Station. Pour ceux qui sont allergiques à la langue de George Bush, une version française est disponible (tout comme une version polonaise ou danoise, d’ailleurs, et nous réservons le suédois aux fans de Millenium).
Quand vous cliquez sur la partie Web File Manager, vous arrivez dans une interface qui permet de manipuler les fichiers depuis votre navigateur (incroyable !). On retrouve plusieurs répertoires : Public pour les données disponibles pour tout le monde, Qdownload où sont stockées les données téléchargées, Qmultimedia pour les fonctions de partage, Qusb pour les sauvegardes de données depuis un périphérique USB (nous allons y revenir) et Qweb pour tout ce qui a rapport avec le serveur Web. Si vous branchez une clé USB ou un disque dur au NAS, il apparaît aussi dans cette liste. Notons que ces répertoires sont accessibles depuis un accès FTP et depuis le poste de travail de votre PC sous Windows (où à travers le Finder de Mac OS X). Attention tout de même, en mode Web il n’est possible de charger qu’un seul fichier à la fois.
Le NAS intègre un serveur Web. Concrètement, il est donc possible de stocker votre propre blog sur l’appareil, par exemple. Les pages sont évidemment accessibles depuis l’extérieur (si vous connaissez votre adresse IP) et il suffit d’aller placer les fichiers dans le répertoire Qweb pour qu’elles soient accessibles. QNAP a préinstallé Joomla, un CMS (sorte de squelette de site Internet) qui va vous permettre de construire votre propre site Internet sans investir dans un hébergement.
3. La suite : musique, photo et téléchargement
Le NAS est aussi un appareil multimédia, qui va permettre de partager des données.
Le NAS est capable de partager des données avec d’autres appareils, et ce très facilement. Pour les amateurs de musique, il intègre même un serveur iTunes : il suffit de placer des fichiers musicaux dans le bon répertoire (Qmultimedia) pour qu’ils apparaissent dans une bibliothèque partagée sur iTunes : difficile de faire plus simple. Pour les possesseurs de consoles de jeux récentes (comme la Xbox 360 ou la PlayStation 3), le NAS est compatible uPNP et DLNA. Concrètement, les consoles sont capables d’accéder aux fichiers stockés sur le disque dur en toute transparence (musique, vidéos, photos). Enfin, l’appareil est capable de créer des diaporamas et des albums photo, le tout accessible en ligne. Seul bémol, il est un peu lent avec les grosses photos.
Vous adorez Linux et la dernière version de votre distribution préférée est diffusée aux États-Unis via BitTorrent. Petit problème, ça télécharge plus vite la nuit ici (le jour là-bas, donc) mais vous n’aimez pas laisser votre PC allumé la nuit. Bonne nouvelle, le TS109 Pro est capable de vous aider, il intègre un client BitTorrent. Quelques options sont disponibles, mais globalement il suffit de charger le Torrent et l’appareil s’occupe de tout. Il est aussi possible de télécharger directement en HTTP ou en FTP sur le disque dur de l’appareil.
4. Sauvegarde de clés USB ou sauvegarde du disque de sauvegarde
L’appareil, nous l’avons vu, est équipé de ports USB 2.0 et eSATA. Ils servent à connecter des clés USB, des lecteurs MP3 ou même des disques durs externes au NAS.
Si vous branchez une clé USB au NAS, elle sera disponible sur l’interface et utilisable comme si les fichiers étaient stockés sur le NAS. Point intéressant, si vous utilisez le port USB en façade, une simple pression du bouton Copy transfère le contenu de la clé USB sur le disque dur. Vos amis veulent vous donner des photos ? Hop, un petit branchement et c’est copié, sans allumer le PC. La manipulation est identique avec un disque dur externe, même si les capacités ne sont généralement pas les mêmes.
Une fonction supplémentaire est disponible pour les disques durs : la sauvegarde du NAS. Si vous stockez beaucoup de données à partager sur le NAS, vous pouvez craindre pour ces dernières, les disques durs ne sont pas immortels et des problèmes peuvent arriver. QNAP propose donc une option qui permet d’utiliser un disque dur externe pour sauvegarder le contenu du NAS. Une option intéressante pour les données sensibles.
5. Options supplémentaires et perfomances, Linux
Des dizaines d’options sont disponibles dans le NAS, mais la majorité ne sont destinées qu’aux utilisateurs avancés ou à la gestion d’un appareil dans une entreprise, par exemple. Toute la partie réseau peut être gérée manuellement (pour être intégrée à un réseau étendu) ou une gestion de l’espace disponible par utilisateur (quota) peut être définie : si vous ne voulez pas que votre fils de 15 ans remplisse le disque dur avec des distributions Linux, c’est possible. Ces fonctions ne sont pas inintéressantes, mais n’ont pas réellement d’utilité dans un environnement familial. Une autre fonction, qui peut être pratique, est le partage d’imprimante : l’appareil prend en charge les imprimantes USB.
Point important en pratique, est-ce que les performances sont bonnes ? En Ethernet gigabit et vers le disque dur interne (ou un disque dur eSATA) oui. Nous avons atteint environ 20 Mo/s en lecture (en partage réseau) et 16 Mo/s en écriture et les résultats sont même un peu plus élevés si on prend la peine de travailler avec un logiciel de transfert en mode FTP (environ 28 Mo/s et 18 Mo/s). Sur un périphérique USB, les performances dépendent essentiellement de ce dernier et varient donc en fonction de l’appareil.
Un point qui va plaire à certains vient de la compatibilité Linux. Le NAS fonctionne en fait avec un noyau Linux classique et il est donc possible d’y installer des applications. Attention, la prochaine phrase peut être incompréhensible : l’appareil utilise un noyau Linux modifié pour supporter le processeur (un SoC ARM) mais les sources sont disponibles et il est même possible de modifier le noyau pour modifier le comportement du NAS. De plus, des applications recompilées pour fonctionner sur du ARM devraient être utilisables. En pratique, pour ceux qui ne parlent pas le pingouin, ça veut dire qu’il est possible d’installer des programmes, mais pas les mêmes que ceux de votre PC.
6. Conclusion
En pratique, que penser de ce NAS ? Il est très efficace. Silencieux, extrêmement complet, facile d’accès, il n’a (presque) que des avantages. Pourtant, il reste quelques défauts : le premier, et le plus gros, vient du positionnement marketing. Un NAS, ça ne semble ni séduisant ni intéressant pour un usage familial. Et pourtant, le test nous a montré que l’appareil peut justement se retrouver et être utile dans un cadre familial.
Le principal problème vient du prix : le TS109 Pro (et sa version II, simplement équipée d’un peu plus de mémoire) vaut 260 € sans disque dur. C’est beaucoup, c’est évident, et il faudra en plus rajouter le prix du disque dur (moins de 70 € pour 750 Go). Est-ce que l’investissement en vaut la peine ? Si vous avez plusieurs ordinateurs à la maison et que vous voulez partager les données entre les machines, oui, très clairement. Pour un usage personnel, pas réellement.
Pour terminer, il y a une chose que nous aurions aimé retrouver sur cet appareil, c’est le Wi-Fi. Même si cette norme est (beaucoup) plus lente que l’Ethernet, elle est aussi bien plus pratique.
Tom's Guide - http://www.tomsguide.com