L'escrime en Bluetooth pour les Jeux Olympiques

Adresse : http://www.bestofmicro.com/actualite/test/342-1-escrime-bluetooth-olympique.html
Publiée le : 4 août 2008 à 12:20 par La rédaction

L'escrime, de l'Egypte antique aux JO

Les origines de l’escrime remontent à l’antiquité, en Egypte. Selon l’historique du maître d’armes Gérard Six, « quatre bons siècles avant les Jeux olympiques de la Grèce antique, un bas-relief du temple de Médinet-About en Haute-Egypte et construit par Ramsès III en 1190 avant J.-C., évoque une compétition sportive organisée par le pharaon pour célébrer sa victoire sur les Libyens.

Des "bâtons à plaque" comme arme

Les armes – certainement des « bâtons à plaques » – sont mouchetées par un renflement bien visible. Les mains sont protégées par une garde analogue à celle d’un sabre, et certains des escrimeurs ont la figure protégée par un masque dont la mentonnière en bourrelet, couvrant les deux oreilles, est rattachée à la perruque. Le bras non armé sert à parer et il est protégé d’une sorte de bouclier. »

Des valeurs historiques

Depuis, cette discipline n’a cessé de se développer à travers le monde et l’Histoire. Ce riche passé se retrouve dans les valeurs de ce sport : respect, honneur, fierté et fair play. Ainsi, avant chaque assaut, les règles imposent que les sportifs se saluent avec leur arme.

1. Une épreuve en pleine évolution

L’escrime fait partie des disciplines officielles depuis le début des jeux olympiques modernes, en 1896. A cette époque, 13 escrimeurs représentant 4 pays participent aux épreuves de fleuret et de sabre. L’épée, troisième arme, ne devient épreuve Olympique qu’en 1900. La discipline reste 100 % masculine jusqu’en 1924.

La première compétition féminine en équipe cette année

Cette année là, le fleuret féminin individuel fait son entrée dans le programme Olympique. Depuis, les épreuves féminines n’ont cessé de se développer. Ainsi, pour la première fois aux JO de Pékin, une compétition de sabre féminine par équipe se tiendra. Au total, il y aura 5 épreuves (3 individuelles et 2 par équipe) pour les hommes comme pour les femmes ). Ainsi, à la veille des Jeux de Pékin, la parité totale est atteinte. 212 escrimeurs seront présents à Pékin, soit 12 de plus qu’à Athènes.

2. De plus en plus de technologie en escrime

Pour simplifier l’arbitrage, la high tech a rapidement fait son apparition. Les premières innovations se concentrent sur le système électrique de signalisation de touche. Ainsi, l’épée est électrifiée depuis 1936, le Fleuret depuis 1957, et le Sabre depuis 1988. Les règles de l’utilisation de l’appareil électrique pour ces trois armes ont été instaurées à ces dates puis modifiées au cours des différents congrès de la fédération internationale d’escrime. Ainsi, à chaque touche, le tireur qui porte le coup fait allumer la lampe qui se trouve de son côté.

Le bluetooth s’invite dans la compétition

Pour les Jeux de Pékin, l’organisation fera appel à la technologie avec fil, et sans fil, dès les tableaux de 32, c’est-à-dire quand il ne reste plus que 32 tireurs. « L’électrification de la signalisation des touches a eu d’importantes conséquences sur le jeu des escrimeurs, davantage sur leur tactique de jeu que sur leur technique, et particulièrement pour les sabreurs, explique Christian Peeters, directeur du développement de la fédération française d’escrime. L’attitude des arbitres a également changé, puisque ce système a limité l’erreur d’arbitrage, et enfin, a permis de démocratiser l’escrime et de le rendre plus attrayant et compréhensif pour le grand public. »

3. La hi-tech s'adapte aux règles du jeu

Avant de rentrer dans le détail technique, un rappel des règles s’impose. Effectivement, si le dispositif repose sur l’électricité pour chaque arme, les conditions de touche changent d’une arme à l’autre. Ainsi, pour marquer une touche à l’épée, la surface valable comprend tout le corps du tireur, de la tête aux pieds. Au fleuret, la zone valide se restreint uniquement au tronc. Pour ces deux armes, un capteur est fixé sur la pointe. La partie mobile de ce capteur s’enfonce légèrement dans son support et établi ou coupe un contact quand le tireur a touché avec la pointe la surface valable de son adversaire.

L’utilisation du sabre

On parle alors d’arme d’estoc. Le sabre, lui, est une arme d’estoc, de taille et de contre-taille. Tous les coups portés par le tranchant, le plat, le dos ou la pointe de la lame sont comptés comme touche (coups de taille, de contre-taille et de pointe). Toute la surface au-dessus de la taille, englobant tronc, bras et masque, est valable, hormis les gants. A chaque point, les tireurs se remettent au milieu de la piste pour reprendre l’assaut.

4. Différentes façons d'utiliser la technologie

Basé sur ces règles, le système de touche s’adapte à chaque arme mais le fonctionnement global reste le même. Pour le fleuret et l’épée, des fils électriques sont collés sur la lame, reliant les capteurs de pression de la pointe et la prise du fil de corps, située derrière la coquille. Le tireur connecte le fil de corps entre son arme et l’enrouleur. Ce dernier est ensuite relié au boîtier central. Un courant peut parcourir le circuit. Quand la pointe de l’épée s’enfonce, le ressort du capteur établi le contact entre les fils électriques de la lame, et allume ainsi les led de l’appareil central, signalant la touche. Au fleuret, le tireur doit porter une casaque électrique pour distinguer la partie valable (le tronc) de la partie non valable. La pointe du fleuret, avant de s’enfoncer, établit un contact avec la casaque électrique et allume les led colorés pour signaler la touche. Les épreuves de fleuret et d’épée se disputent sur un tapis métallique, relié à la masse pour empêcher la signalisation d’une touche valable à l’épée ou non valable au fleuret d’un coup de pointe arrivant au sol. Sa largeur varie de 1,5 à 2 mètres pour une longueur de 16 à 18 mètres. Pour le sabre, il n’y a pas de capteur, le courant passe dans toute la lame et la touche se fait quand elle rentre en contact avec la casaque électrique ou le masque de l’adversaire.

Un boîtier central simple d’utilisation

Concernant le boîtier central, il s’adapte selon la discipline grâce à un simple interrupteur. Il possède plusieurs led pour symboliser les touches : rouge ou vert, pour les touches valides et blanche pour les invalides, c’est-à-dire quand l’adversaire a été touché sur une zone non valable. En France, la société Prieur commercialise ce type de dispositif. En termes de prix, ce dispositif s’avère coûteux, allant de 400 à 3000 euros. Le modèle le plus simple reste valable pour les trois armes mais ne signale que les touches. Les modèles les plus complexes sont dotés d’une interface plus évoluée, d’un marqueur de score, d’un chronomètre, et peuvent être reliés à des plasmas.

5. STM, le système sans fil ukrainien

Pour les JO de Pékin, la technologie sans fil sera de la partie. Selon la fédération internationale d’escrime, à ce jour, le système le plus fiable s’avère développé par la société ukrainienne STM. Un relais prend place sous le masque du tireur. La transmission du signal produit par chaque touche s’effectue par Bluetooth entre ce portable et l’appareil central. « Il s’agit d’un véritable défi technologique car il convenait de maîtriser le changement du signal provoqué par la sueur pouvant altérer les conditions de transmission, commente Mathilde Richel, responsable presse de la Fédération internationale d’escrime. Elles sont différentes si la piste est placée sur un support métallique ou directement au sol. »

Une technique qui a fait ses preuves

La technologie sans fil de la STM a été utilisée pour la première fois, en France, au fleuret au Grand Prix FIE du challenge international de Paris en janvier 2008. Désormais, toutes les compétitions Grand Prix au Fleuret feront appel à ce système et sera donc employé pour la première fois aux JO à Pékin. En revanche, les épreuves de sabre en bénéficient depuis 2003 sur toutes les compétitions Grand Prix, Championnats du Monde et Jeux Olympiques.

6. La vidéo depuis 2006

Si un doute subsiste, malgré le système de touche électrique, l’arbitre peut également compter sur la vidéo, mise en place par la fédération internationale d’escrime depuis 2006. Une caméra suit en permanence l’action. Les tireurs peuvent également demander à deux reprises au cours du match une confirmation visuelle. Si la demande s’avère justifiée, le nombre de demandes reste inchangé.

Un jugement "humain" qui a tout de même son importance

« Ce système est une évolution et une révolution, assure Christian Peeters Mais il ne faut pas faire toujours référence à la vidéo, et en abuser à chaque touche litigieuse, sinon le jugement "humain" n’a plus lieu d’être. Par ailleurs, il faut que la transmission de l’image puisse se faire aussi se fasse instantanément, car les ralentis peuvent donner une fausse image de la phrase d’armes, qui est alors interrompue. »

7. Swiss Timing au service de l'escrime

Le logiciel le plus utilisé est celui de la société Swiss Timing. Il permet de revoir le ralenti d’une action, avant et jusqu’à la touche, à la vitesse et au moment souhaités : 3 secondes avant la touche à 20% de la vitesse réelle. Dès qu’une touche est portée et que les lampes s’allument, le système se bloque automatiquement, diffusant, en boucle, la touche au ralenti. Le système s’arrête avec la reprise de l`assaut, qui déclenche le redémarrage de la minuterie.

La vidéo, pour un jugement plus objectif

L’arbitre voit ces images sur un moniteur positionné devant lui. En cas de doute, il consulte le délégué à l’arbitrage qui dispose également d’un moniteur. « L’apparition du vidéo arbitrage ne modifie en rien les règles de notre sport, commente la FIE, mais elle est un véritable plus pour les arbitres, en raison du confort qu’elle leur apporte, mais aussi, pour les sportifs, l’assurance que les actions sont toujours correctement jugées. »

Source : Tom's Guide

Tom's Guide - http://www.tomsguide.com