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Publiée le : 13 août 2008 à 09:50 par La rédaction
Evolutions et bouleversements technologiques
En France, la natation fait partie des sports les plus populaires, avec près de 260.000 licenciés en 2008. Aux Jeux Olympiques, la discipline souvent synonyme de courses à suspens et de records devrait encore attirer des centaines de millions de téléspectateurs à travers le monde. Depuis une dizaine d’années, les nouvelles technologies ont bouleversé le monde sportif, et la natation en particulier. Grâce aux logiciels informatiques qui permettent de décomposer au détail près les mouvements des nageurs, et les combinaisons de nouvelle génération, les nageurs et leurs entraîneurs disposent de toutes les armes possibles pour faire en sorte que chaque mouvement dans l’eau soit le plus efficace possible, jusqu’à obtenir une médaille, olympique si possible, ou battre un record.
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1. 20 ans d'évolution
L’informatique et l’électronique sont désormais indissociables de la natation de course, que ce soit lors des compétitions ou des entraînements. « Quelques soient leurs niveaux, toutes les compétitions sont sous le contrôle d’un arbitrage électronique » explique Patrick Deleaval, adjoint du Directeur Technique National pour la natation-course à la Fédération Française de Natation. Dans la pratique, cela signifie que des plaques de chronométrage dotées de capteurs recouvrent les plots de départ et toute la largeur des murs du bassin. « Le chronomètre se déclenche dès que retentit le starter. Puis, à chaque passage, si c’est une course de plus de 50 mètres, quand le nageur touche le mur, il enregistre la performance. A la fin de la course, lorsque le nageur touche pour la dernière fois le mur, le chronomètre s’arrête automatiquement » poursuit Patrick Deleaval. Mieux, le système de câblages entre les plaques et le système de chronomètres permet un affichage des résultats immédiat, au centième près, sur les écrans de télévision présents autour du bassin.
Pour les courses en relais, « l’électronique a permis de réaliser des progrès considérables » affirme Patrick Deleaval.
Depuis 20 ans, les systèmes électroniques de chronométrage départagent les équipes, « alors que auparavant les juges décidaient selon leurs impressions ». Concrètement, les capteurs présents sur les plots de départ et sur les murs du bassin permettent de savoir avec certitude à quel moment le nageur quitte le plot et surtout si cela correspond bien à l’instant où le membre de son équipe a touché le mur. Si ce n’est pas le cas, le relais n’est pas validé et l’équipe disqualifiée.
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2. Les chaînes de télévision font leur révolution
Quant aux chaînes de télévision qui retransmettent les courses, elles sont autorisées à installer des caméras sous-marines dans les bassins, mais en respectant des normes internationales pré-établies visant à ne pas gêner les nageurs. Les médias ne sont pas les seuls intéressés par les images des courses. Pendant les compétitions, a fortiori les Jeux Olympiques, une équipe technique est chargée de filmer l’ensemble des courses puis de décortiquer les mouvements des nageurs. Ces spécialistes de la natation se doivent de calculer leur temps de réaction au départ du plot, leur temps de passages, la cadence de leur nage ainsi que le nombre de coups de bras qu’ils effectuent. Ces résultats servent ensuite aux entraîneurs pour réaliser des ajustements avec les nageurs avant la fin de la compétition.
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3. Les technologies au service des entraîneurs
Les courses de natation se remportent souvent avec des écarts de temps très faibles. A l’entraînement, le nageur doit donc apprendre à optimiser chaque mouvement. Pour cela, les entraîneurs de haut niveau se servent généralement de la « modélisation en trois dimensions des nageurs », explique Philippe Hellard, directeur du département recherche à la Fédération Française de Natation. Celle-ci est réalisée grâce à un boitier placé à la ceinture du nageur, qui enregistre sa vitesse et ses accélérations à tout moment de la course. La Fédération, en partenariat avec le commissariat à l’énergie atomique de Grenoble et une société privée, a mis au point un système qui analyse les variations de vitesse du nageur. Associé à une image vidéo, ce système permet de déterminer à quels moments le nageur prend de la vitesse ou freine.
De même, des appareils appelés « plate-formes de forces » installés sur le plot de départ et le mur du virage mesurent les forces et vitesses utilisées par les nageurs lors des deux moments clés d’une course : le départ et le virage. Toutes les données récoltées au cours de ces analyses sont ensuite transférées sur un ordinateur. L’entraîneur est alors en mesure de savoir quels sont les détails à régler pour que le nageur aille plus vite. Et si l’entraînement est primordial pour remporter une course, l’équipement donne parfois un coup de pouce aux nageurs.
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4. Des records rendus éphémères
A chaque compétition de niveau international, de nouveaux records sont battus. Dans les six mois précédents les Jeux Olympiques de Pékin, les plus grands records sont tombés. A Sydney (Australie) en mars dernier, le Français Alain Bernard s’est offert le record mondial d’une épreuve phare de la natation : le 100 m nage libre. Entre les mois de février et avril, ce ne sont pas moins de 39 records qui ont été battus au niveau international. Coïncidence ou non, un grand nombre de nageurs ayant établi de nouveaux records étaient équipés d’une combinaison de nouvelle génération, conçue par Speedo.
Les recherches des équipementiers spécialisés en natation vont toujours plus loin pour mettre les nouvelles technologies au profit de leurs maillots et combinaisons. Chez Arena notamment, qui fournit sa combinaison à Laure Manaudou, le pôle Recherche et Développement doit réaliser de nombreux tests avant de proposer ses produits aux nageurs. Ceux-ci consistent en premier lieu à examiner les propriétés de contention et de glisse des tissus lors de tests en statique, en laboratoire. Il s’agit ensuite « d’analyser la musculature des nageurs, grâce à un scanner 3D » explique Michel Joseph, ancien directeur design et développement d’Arena, officiant aujourd’hui comme consultant permanent pour la marque. Le but de cette opération est de « voir où la combinaison maintient les muscles de la façon le plus efficace possible » poursuit-il.
D’autres tests sont également réalisés avec des mannequins, en bassin de carène, un couloir d’eau de 100 m de long, et dans un bassin à contre courant. Enfin, les derniers détails des combinaisons sont conçus avec l’aide des nageurs. « Des capteurs sont placés sur leur corps, permettant une modélisation de leurs gestes » détaille Michel Joseph. Il suffit alors de procéder à des ajustements dans la coupe « jusqu’à obtenir satisfaction » conclue-t-il.
Aujourd’hui, les nouvelles technologies aident les nageurs de très haut niveau à réaliser des performances inédites. Leur préparation, assistée par ordinateur, conjuguée à un équipement toujours plus perfectionné en font des athlètes dont les spectateurs attendent toujours plus de résultats. Un récent sondage du cabinet d’études Sportlab indique d’ailleurs que la natation devrait être la discipline la plus suivie des Jeux Olympiques de Pékin en France, devant l’athlétisme.
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