A la découverte du bateau laboratoire

Adresse : http://www.bestofmicro.com/actualite/test/348-1-aviron-bateau-laboratoire.html
Publiée le : 20 août 2008 à 10:10 par La rédaction

Ne pas gaspiller d'énergie

L’aviron est un sport où l’objectif est de faire avancer le plus vite possible une embarcation en ne sachant pas ou l’on se dirige. Sport olympique dès 1900 il appartient aux activités dites « cycliques » c’est à dire que le même geste est répété encore et encore par le sportif. A cette catégorie de sports appartiennent le cyclisme, le canoë-kayak, le ski de fond ...

Les efforts ne suffisent pas pour atteindre le haut niveau

Atteindre le haut-niveau est conditionné par deux facteurs, la condition physique de l’athlète et ses qualités techniques, le second facteur primant de beaucoup sur le premier. Ne pas gâcher d’énergie à l’aviron n’est pas chose aisée. Un « bûcheron » ramant sans finesse à toutes les chances de terminer la course très loin derrière ses concurrents.

1. Identifier les qualités techniques

Mais comment identifier la valeur réelle des qualités techniques d’un rameur ? L’idée du bateau laboratoire relevait il y a encore 20 ans de la science fiction et l’objectif qu’il poursuit est de mesurer directement sur le bateau l’ensemble des forces exercées par un rameur et d’analyser l’ensemble des données à postériori pour identifier les mouvements parasites et les faiblesses du rameur étudié et permettre de les corriger. Une équipe de recherche financée par la Fédération Française des Sociétés d’Aviron (FFSA) a développé ce système dans la plus grande confidentialité depuis les années 90 comme l’ont fait les britanniques en parallèle.

2. Des capteurs dans un bateau

Explications

- 7 capteurs sont utilisés sur le bateau,
- 2 capteurs d’angulation dans la dame de nage (pièce en plastique reliant l’aviron à la coque). des capteurs de force dans :
- La dame de nage
- La barre de pieds (partie du bateau sur laquelle le rameur s’appuie pour pousser sur ses jambes)

Ces capteurs sont des jauges d’extensiométrie, couramment utilisées en mécanique pour mesurer les contraintes s’appliquant sur les systèmes. un capteur de vitesse fonctionnant comme un loch de bateau, une hélice sous la coque tourne entraînée par l’eau, chaque tour de l’arbre d’hélice délivre une impulsion électrique traitée électroniquement pour extrapoler la vitesse de la coque par rapport à l’eau.

Un 486 DX2 66

Les données sont récupérées par un boîtier d’acquisition, et seront restituées au bord en branchant ce boîtier sur un pc, et analysées via un logiciel de traitement. Les boîtiers sont les mêmes que ceux utilisés en Formule 1, et réalisent au moins 100 mesures par seconde. Quant au PC, la première machine utilisée à cet effet était un portable Toshiba à processeur Intel 486 DX2 66 MHz remplacé depuis (et par bonheur) par une machine récente.

3. Technologiquement parlant...

Un des avantages de ce système est qu’il est directement installé sur le bateau habituellement utilisé par l’équipage testé. Les rameurs montent pour un entraînement court, où il leur est demandé d’effectuer des passages a différentes cadences, pour obtenir une cartographie de leur coup d’aviron la plus précise possible. Les données sont ensuite analysées sous un logiciel développé en VBasic 3 par l’équipe chargée du projet, les courbes obtenues par capteur ressemblent à celle-ci.

Et ça marche

On peut y lire l’augmentation de la force appliquée par le rameur, les irrégularités de la courbe correspondant aux défauts du geste puisque l’augmentation de la force n’y est pas linéaire, preuve d’un geste maîtrisé. Sur cette image les courbes de 2 rameurs sont superposées, elles ne se confondent pas, preuve que les 2 rameurs ne font pas exactement la même chose. L’entraîneur pourra donc utiliser ces resultats pour permettre aux athlètes de lisser leurs courbes, d’augmenter l’aire sous celles-ci (soit la force globale appliquée) et de les faire se confondre pour que leurs forces soient appliquées en même temps et qu’elles ne se perturbent pas mutuellement.

4. L'avenir de la méthode

L’utilisation des outils de télémétrie est rendue commune par la révolution des capteurs GPS et autres accéléromètres. L’ordinateur devient un outil indispensable à l’athlète (et surtout à son entraîneur qui voit son travail facilité), et qui permet d’optimiser son entraînement pour grapiller les millisecondes qui lui permettront d’arracher la victoire sur sa prochaine compétition. Les déclinaisons de ces technologies servent alors au commun des mortels qui peut s’auto-entraîner de manière quasi professionnelle.

Du bronze pour la France

La technique de pointe bénéficiant aussi de la progression des technologies, la prochaine mouture du bateau laboratoire en préparation en Angleterre mais aussi en France sur un laboratoire de l’INSA de Lyon permettra ces mesures tout en enregistrant une vidéo synchronisée de l’exercice, et leur affichage en temps réel dans le bateau suiveur, ainsi que des mesures affinées par l’ajout de capteurs sous chaque point de contact de l’athlète avec son outil.

Source : Tom's Guide

Tom's Guide - http://www.tomsguide.com