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Publiée le : 25 septembre 2008 à 10:10 par La rédaction
Le concept du projecteur de son
Simplicité, discrétion et facilité d’intégration décrivent le concept du projecteur de son (aussi appelé barre de son). En effet, cette solution regroupe en une seule boite, les 5 enceintes et l’amplificateur audio/vidéo indispensable à un système home cinéma 5.1. Fini les câbles qui courent et le casse tête du placement des 5 enceintes !
Cette unique enceinte, d’une longueur moyenne de 90 cm par 18 cm de haut et 15 cm de profondeur, doit s’installer à l’horizontal sous le téléviseur. Il ne reste qu’à connecter le projecteur de son à un lecteur DVD ou toutes autres sources multi-canal et le tour est joué ! Ces barres de son sont vouées à se répandre dans les prochaines semaines. Aussi, nous avons jugé bon de vous les faire découvrir. Comment fonctionnent-elles ? Que valent-elles ? Comment les régler pour en profiter au mieux ?
1. Les modèles : 2 ou 5 canaux
La vigilance est de mise lors du choix d’un projecteur de son car malgré l’aspect général d’une enceinte longiligne, tous les projecteurs de son n’ont pas la vocation de se substituer à un Home Cinéma 5.1. Certains ne sont qu’une simple barre de son destinée à remplacer les médiocres enceintes intégrées aux écrans plats. Il convient donc de vérifier les formats sonores supportés : stéréo ou 2.1 (avec caisson de grave) pour une reproduction sonore classique ; Dolby et DTS pour les formats multi-canaux.
Bien qu’un nombre minimum de haut parleur correspondant au nombre de voies à reproduire semble indispensable (5), il est possible de simuler un son surround uniquement avec deux haut parleurs. Bien entendu, le nombre de haut parleurs embarqués est prépondérant dans l’efficacité du système. Il varie considérablement suivant les modèles, de deux pour les versions de base à 42 pour les plus sophistiquées.
2. Le canal d’effet : les basses fréquences
Il ne faut pas se leurrer, les projecteurs de sons regroupent beaucoup de fonctions mais pas celle de faire un grave puissant et profond. Certains constructeurs en ont conscience et incluent un subwoofer dans leur pack. D’autres proposent une simple sortie LFE (Low Frequency Effect = .1) sur le projecteur, laissant au consommateur le choix d’un caisson. Il peut ainsi adapter sa sélection en fonction de la pièce à sonoriser et de la qualité du grave souhaitée.
Pour rappel le caisson de grave et l’enceinte centrale sont les 2 éléments les plus sollicités dans un Home Cinéma. Il ne faut donc pas être économe en la matière.
3. Le principe de fonctionnement
Comment a partir d’un seul point d’émission peut on avoir l’impression que le son vienne de droite, de gauche et de derrière ? Surtout lorsque l’on sait que tout le monde est capable de définir avec une grande précision, si quelqu’un parle derrière soit, en hauteur ou en bas, à proximité ou en retrait …
Tout repose sur la propagation des ondes, les réflexions et la psycho-acoustique. Ce sont les moyens techniques de base pour donner l’illusion, utilisés par la plupart des projecteurs de son, sauf pour Yamaha qui a poussé ces solutions à l’extrême, permettant d’obtenir un résultat autrement plus convaincant.
4. Psycho-acoustique : la stéréophonie
L’oreille est un organe de perception particulièrement élaboré et performant mais c’est le cerveau qui interprète les sons entendus. À partir de ce constat, il est possible de créer une diffusion sonore en 3 dimensions à partir de seulement 2 sources émissives, soit deux haut parleurs (ou deux enceintes). La prise de son stéréophonique met en œuvre deux microphones qui captent l’image sonore. En fonction de la technologie employée, la différence d’intensité ou la phase des signaux, voir les deux associés, permet de s’approcher de la captation du son par les deux oreilles.
Les deux enceintes qui composent un système Hi-Fi, restituent le signal de chaque microphone et en fonction de la différence d’intensité et de temps, le son semble provenir d’une ou de l’autre enceinte, voir des deux mais dans ce cas si il est en phase, il est perçu comme si il émane d’une seule enceinte virtuelle placée entre les deux enceintes physiques. La stéréophonie permet d’offrir une image sonore large avec beaucoup de relief, semblable à ce que l’on perçoit en réalité. La spatialisation prend une proportion considérable, sans empêcher d’avoir la possibilité d’une forte focalisation malgré l’utilisation de deux enceintes (exemple : reproduction d’un piano). Pour bénéficier des avantages de la stéréophonie, le placement des enceintes et la position de l’auditeur sont prédominants.
Dans un projeteur de son, les haut parleurs droit et gauche (équivalent aux enceintes frontales droite et gauche d’un 5.1), sont implicitement placés correctement puisqu’ils sont dans un coffret symétrique. Grâce à la stéréophonie, ils peuvent reproduire virtuellement et efficacement la voie centrale mais seul l’auditeur placé à équidistance d’eux aura un résultat probant … dans la théorie car dans la pratique, les hauts parleurs d’un projecteur sont si proches (environ 80 cm entre eux contre 2 à 3 mètres dans le cadre d’une installation Hi-Fi), que même une personne hors axe aura le sentiment d’entendre une voie correspondant à ce qui se passe à l’image. Ceci n’est valable que si deux haut parleurs sont utilisés mais lorsqu’un ou des hauts parleurs supplémentaires sont dévolus à la reproduction de la voie centrale, la stéréophonie n’a plus d’importance.
5. Les surrounds virtuels
Le surround virtuel est une technique de reproduction des effets surrounds à partir des haut parleurs frontaux gauche et droite. Il n’y a pas de hauts parleurs arrières dédiés à cette tache, d’où la notion de « virtuel ». Deux laboratoires ont développé leur propre format sonore virtuel : Dolby a créé le Dolby Vitual Speaker et SRS Labs, le TruSurround. Dans les deux cas, le principe repose sur la stéréophonie et sur le déphasage des signaux.
Si les enceintes avant gauche et droite reproduisent un même signal (en phase), alors une source sonore ponctuelle se créée entre les enceintes (à l’intérieur du triangle formé par les deux enceintes et l’auditeur). Si le signal pourtant identique est inversé de 180° sur une des enceintes, alors le son sera complètement décalé à l’extérieur du triangle. Ce décalage est tel que l’on ne peut localiser la provenance du son. Il est bien différent du son reproduit par une seule enceinte en fonctionnement sur les deux. Reste que comme pour la stéréophonie, seul l’auditeur en face du projecteur pourra ressentir efficacement cet artifice …
Un son non localisable et diffus pourra s’apparenter à un effet surround … mais pour que l’effet soit crédible, l’acoustique du local a une grande importance.
6. Acoustique et agencement du local
Comment le local peut il avoir une influence sur le rendu alors qu’il n’est pas la source émissive des ondes sonores ? Une fois émis, le son se propage tout en perdant de l’intensité jusqu’à disparaître. Entre temps, il rencontre sur son passage les objets, le mobilier et les murs du local. Ceux-ci vont alors le modifier, l’absorber ou le dévier de sa trajectoire.
Lorsque les matériaux sont absorbants, ils vont accélérer l’extinction des sons tandis que lorsqu’ils sont réverbérants, ils vont les réfléchir et les renvoyer. L’ensemble de ces éléments qui composent la pièce d’écoute vont déterminer l’acoustique de la pièce qui sera claire, neutre ou mate. Une pièce amortie présente une précision bénéfique pour la scène sonore frontale alors qu’une pièce claire sera favorable au côté diffus requis pour un champ surround enveloppant.
Outre l’acoustique du local, le placement du projecteur de son vis-à-vis de l’agencement de la pièce est le deuxième facteur influant fortement sur le résultat. La symétrie et la proximité de murs latéraux vont améliorer l’acheminement des effets surrounds jusqu’à l’arrière de la pièce. Si de plus ce dernier est réfléchissant et parallèle au projecteur, il accentuera le résultat. A contrario, une pièce asymétrique avec une ouverture sur un côté (couloir, cuisine ouverte) ou des rideaux vont empêcher cette propagation !
Les voies surrounds d’un projecteur de son étant virtuelles même si des hauts parleurs dédiés à cette tache sont utilisés, voilà comment le local peut améliorer la sensation d’avoir un son en provenance de l’arrière du point d’écoute ! A contrario, l’inverse peut se produire et les sons surrounds stagneront devant les spectateurs, décrédibilisant l’ambiance sonore vis-à-vis de ce qui se passe à l’image.
7. Le décalage temporel
Afin d’accentuer la véracité des effets surrounds, le constructeur Yamaha a multiplié le nombre de haut parleurs de médium/aigu et introduit la notion de décalage temporel. Leurs projecteurs de sons sont équipés de 23 hauts parleurs (dont deux dédiés au grave) sur leurs petits modèles et 42 haut parleurs (dont 2 pour le grave) sur les plus gros.
Plutôt que de reproduire un son sur un seul haut parleur, la multiplication du nombre de transducteurs permet d’élargir le cône de diffusion sonore. Si en plus, un décalage de quelques millisecondes est appliqué successivement sur chaque haut parleur qui constitue le groupe, alors le son ponctuel devient un faisceau sonore.
Yamaha a poussé ce concept à son extrême en plaçant les haut parleurs sur plusieurs rangées, permettant de rendre le faisceau orientable à souhait par l’association d’un décalage temporel sur les axes verticaux et horizontaux. En faisant partir un son surround du bas et du centre du projecteur pour le faire arriver en haut et à l’extrémité de l’enceinte, l’effet prends une dimension plus réaliste, plus en corrélation avec de vraies enceintes surrounds qui sont toujours placées en hauteur.
8. Projecteur de son vs pack home cinéma
La gamme des projecteurs de son s’échelonne de 500 à 1300 € et ce n’est pas un unique projecteur premier prix (150 € pour d’une simple paire de hauts parleurs et d’un mode surround virtuel) qui peut prétendre représenter ce dont est capable ce type de produit, et encore moins égaler les performances sonores d’un système 5.1. Le choix pour ce comparatif porte sur un modèle dès plus performant, un Yamaha équipé de 23 hauts parleurs et capable de contrôler les faisceaux sonores sur deux axes, pour un tarif de milieu de gamme, soit 900 €.A cela il faut ajouter le caisson de grave dont l’absence ne peut être comblée même par le projecteur le plus cher. Un subwoofer à 300 € permet d’accéder à un grave dynamique et capable de remplir une pièce de dimensions satisfaisantes.
En face, le choix est vaste ; les ensembles 5.1 tout inclus foisonnent mais pour ce budget nous préférons passer outre le design ultra compact pour nous orienter vers des enceintes compactes ou des bibliothèques, certes plus encombrantes mais diablement plus efficace … surtout lorsqu’elles sont issues d’un constructeur spécialisés dans les enceintes. D’ailleurs avec cette somme de 800-900 €, il est possible d’avoir un pack 5.1 avec des enceintes colonnes qui décupleront les performances dans le grave. Le subwoofer est bien entendu inclus dans ces kits et le reste du budget sera dévolu à l’amplification et aux câbles haut parleur.
9. La mise en oeuvre
Un projecteur de son se place idéalement sous un écran plat, au plus proche de la dalle, qu’elle soit posée ou accrochée à un mur. On peut le positionner sur le meuble ou repose l’écran ; il peut être placé éventuellement sur une étagère du meuble audio/vidéo, voir dessus un téléviseur cathodique si la coque de celui-ci si prête. Il faut par contre tenir compte de la longueur importante du projecteur.
Le câblage se résume à une connexion au lecteur de DVD/Blu-Ray, une au téléviseur et une au subwoofer. Cette connectique s’applique aussi à l’amplificateur audio/vidéo du système 5.1. Par contre pour ce dernier, il est nécessaire de relier en plus chacune des 5 enceintes à l’amplificateur, ce qui laisse présager la difficulté de mise en œuvre d’un tel système, notamment pour les enceintes surrounds.
Dans le cas présent, disposer l’enceinte centrale ne pose pas plus de difficulté que de placer le projecteur de son. La longueur requise pour celui-ci permet de placer les enceintes frontales droite et gauche si le téléviseur n’est pas trop large. Sinon, la hauteur des enceintes masquera l’écran et dans ce cas, leur placement devra être déporté sur des pieds dédiés, sur des supports muraux ou sur tous autres supports permettant de les placer (étagères, bibliothèque, meuble TV). C’est par contre un bon moyen de respecter la norme de configuration 5.1 (ITU-775) qui stipule que l’écartement des enceintes frontales droite et gauche doit être de 60°.
Restons dans la norme pour la mise en place des enceintes surrounds qui doivent être en hauteur (entre 1.2 et 1.8 m) et dont l’angle avec l’enceinte centrale doit être compris entre 100 et 120°. Il faut donc un recul derrière le point d’écoute mais si l’agencement du lieu ne si prête pas, il faut installer les enceintes sur les côtés tout en essayant d’utiliser les réflexions des murs pour diffuser le son sans qu’il soit directif.
10. L’intégration
Une fois les deux systèmes installés, il n’y a pas besoin de compter les points pour définir lequel est le plus discret. Le projecteur de son est beaucoup moins intrusif que 5 enceintes et l’intégration peut être optimale en achetant un meuble dédié vendu 400 ou 500 € chez Yamaha.
Pour qu’un système 5.1 fusionne avec son environnement, il n’y a guère d’autres choix que de le traiter comme un mobilier de décoration mais seul un intérieur au design contemporain se prêtera à ce jeu. Dans la plupart des cas, il sera difficile qu’il passe inaperçu. Il ne faut pas omettre les câbles qui traineront au sol ou qu’il faudra cacher dans des baguettes plastiques fixées au dessus des plinthes.
11. Confrontation fonctionnelle
Commençons par l’écoute du système de référence, 5.1 ! L’harmonie des enceintes frontales et leur proximité avec l’image permet d’obtenir une grande cohérence et une excellente précision de la scène sonore mais elle est quelque peu étriquée. Le fait d’écarter les enceintes droite et gauche pour former l’angle requis par la norme permet d’ouvrir considérablement les plans et l’étagement sonore. La sensation d’un son cinéma est bien réelle et on regrette de ne pas avoir une image plus imposante pour obtenir une fusion parfaite. Les enceintes surrounds contribuent à ce réalisme en immergeant efficacement mais discrètement l’auditoire. Dès qu’une scène devient explosive, le spectateur tel l’acteur se trouve plongé au cœur de l’action ; les effets tournoient, vont et viennent, d’avant en arrière, de bas en haut. C’est du grand spectacle !
Passons au projecteur de son qui surprend par la largeur de la scène sonore frontale qu’il déploie, alors que l’enceinte est monobloc. L’ampleur obtenue est proche des enceintes séparées physiquement. C’est étonnant qu’une seule enceinte soit capable d’une diffusion si ample. Par contre les effets surrounds sont timorés. On ne perçoit que quelques bribes de sons arrière alors que le local se prête bien à l’exercice des réflexions murales. Lorsque l’environnement n’est pas favorable aux réverbérations, les effets surrounds restent désespérément scotchés latéralement à l’avant de la pièce. Dans les deux cas, les effets ne parviennent pas à prendre de la hauteur et à englober les spectateurs.
L’autre bémol concerne la directivité du système, qui pénalise fortement les spectateurs installées hors axes. Pour ainsi dire, seule la personne assise à la place ayant servi de référence pour le micro de calibration bénéficie d’une homogénéité de la scène sonore et des effets surrounds. D’un point de vue intelligibilité, articulation, assise du bas médium, qualité et richesse des timbres, le projecteur de sons a encore des progrès à faire pour égaler les enceintes traditionnelles.
12. Pour choisir son projecteur de son...
Le projecteur de son se choisit plus sur des critères d’intégration, de simplicité d’installation que sur des exigences audio. Et encore, nous n’avons abordé ici que l’utilisation home cinéma mais pour des écoutes musicales, le fossé se creuse avec un système 5.1 alors que les enceintes d’effets ne sont d’aucune utilité pour cet usage.
Il ne faut pas perdre de vue que le projecteur de son retenu pour ce comparatif est une référence du genre et qu’il convient de s’attendre à un résultat bien moins performant en choisissant des modèles de conception beaucoup plus simple. De même n’allez pas croire qu’un pack de petit prix comprenant un 5.1 ultracompact avec son amplificateur/lecteur de DVD puisse rivaliser avec un bon projecteur de son. Certes, vous aurez la garantie d’entendre des sons surrounds mais l’ensemble vous exaspérera rapidement par sa sonorité proche de la bouillie sonore et par l’absence de dialogue intelligible.
13. Quelques conseils d'achats
À l’approche des fêtes de fin d’année, l’offre d’un produit aussi séduisant sur le papier qu’une barre de son, va se développer. Comme toujours, il y aura les produits de qualité et les autres. Voici quelques conseils de base pour ne pas regretter votre choix :
Tom's Guide - http://www.tomsguide.com