La biométrie

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Publiée le : 17 juin 2008 à 10:30 par La rédaction

La biométrie, un bien ou un mal

machine empreintes digitalesD’un côté, la peur d’une société encore plus policée et la crainte des méga bases de données. De l’autre, un enthousiasme certain pour une technologie destinée à protéger les citoyens et à faciliter leur quotidien. La biométrie a ses adeptes et ses détracteurs. Le fait que deux empreintes digitales et un portrait puissent être stockés dans une puce intégrée à une carte, elle-même reliée à un fichier centralisé, fait en effet resurgir la question récurrente du fichage électronique… Il n’en reste pas moins que la biométrie a bien des avantages.

Un enjeu pour les États et l’Union Européenne

Nombre de projets, ces derniers mois, ont mis la biométrie à l’honneur : la carte d’identité nationale électronique et sécurisée, le passeport biométrique aux normes européennes, le projet expérimental Pégase de contrôle des passagers à Roissy, le fichier centralisé Eurodac de l’Union Européenne, rassemblant les empreintes digitales de tous les demandeurs d’asile en Europe afin de limiter les demandes multiples... Autant d’utilisations de la biométrie qui permettent d’augmenter la sécurité dans un contexte de flux de passagers de plus en plus importants. Un vrai débat pour l’État et pour l’Europe, qui y voient un moyen de contrôle efficace et rapide.

La sérénité pour l’utilisateur

Pour l’usager également, la biométrie est une promesse de sécurité : les publicités récentes pour des ordinateurs équipés d’un système de déverrouillage biométrique en sont la preuve. Dans l’entreprise, mais aussi à la maison, il devient de plus en plus difficile de sécuriser ses données. S’introduire dans un ordinateur engendre par ailleurs des conséquences de plus en plus désagréables : se substituer à l’utilisateur habituel pour envoyer un mail, dialoguer par Internet ou subtiliser des fichiers...

Des risques que la biométrie, en authentifiant sûrement un utilisateur, permet d’éviter. Hormis la gestion des données, la biométrie est également très efficace pour la gestion des accès physiques. Un moyen pratique de remplacer le badge.

1. A chaque besoin sa solution biométrique

Les empreintes digitales

Abordable, performante, la biométrie par l’empreinte digitale est la technologie la plus employée. Toutefois, le lecteur reste exposé à une éventuelle dégradation dans les applications de contrôle d’accès au grand public (distributeur de billets, accès extérieur à des locaux...). La technique est très utilisée pour les contrôles d’accès physique (locaux, machines, équipements spécifiques), et d’accès logique (systèmes d’information).

Les formes de la main

En scannant la forme de la main, il est possible d’extraire de l’image des paramètres tels que la longueur des doigts, leur épaisseur et leur position relative. Simple à mettre en œuvre, très bien acceptée par les utilisateurs pour le contrôle d’accès ou le pointage horaire, cette biométrie compte de nombreuses applications à travers le monde, même si elle est sujette aux modifications de la forme de la main liées au vieillissement.

Le visage

Les attentats du 11 septembre ont encore augmenté l’intérêt pour cette technologie, qui permet, en exploitant des algorithmes développés, d’effectuer une identification à distance, si l’environnement (éclairage, position de la caméra) est bien contrôlé et que certains changements physionomiques sont pris en compte. Cette technologie est employée pour le contrôle d’accès physique ou logique, la surveillance ou l’accès aux distributeurs automatiques de billets.

La voix

La reconnaissance d’un locuteur offre l’avantage d’être bien acceptée par l’utilisateur. De plus, s’il s’agit de sécuriser une transaction téléphonique, la voix est la seule information disponible. La performance est certes sujette à la qualité du signal, qui dépend de la variabilité de la voix du locuteur. Pour autant, elle est de plus en plus utilisée dans des environnements où la voix est déjà capturée, comme les centres d’appel et la téléphonie où elle allie simplicité et praticité.

2. A chaque besoin sa solution biométrique : suite

L’iris

Un algorithme d’identification basé sur le motif de l’iris, breveté en 1994, est la base de tous les systèmes de reconnaissance d’iris actuels. La personne qui cherche à se faire identifier doit simplement fixer l’objectif d’une caméra qui récupère instantanément le dessin de son iris. Dans toute photographie de l’iris, on compte plus de 200 variables indépendantes, induisant une probabilité très faible de confondre deux individus. La biométrie par l’iris est une des technologies (avec la rétine) qui assure un niveau de sécurité optimal.

La rétine

La rétine est parcourue par des vaisseaux sanguins dont la variété de configuration présenterait la même diversité que les empreintes digitales. Une caméra est utilisée pour capturer la cartographie des vaisseaux en illuminant le fond de l’œil. Réputé comme étant le plus fiable moyen biométrique, il souffre d’une réticence psychologique de l’usager, car on accepte difficilement l’idée d’un rayon lumineux, même inoffensif, dans l’œil. Il est néanmoins bien adapté pour des applications de haute sécurité (sites militaires, salles de coffres forts, etc.).

La dynamique de frappe

Il s’agit d’une technique de reconnaissance des personnes basée sur le rythme de frappe qui leur est propre. En utilisant un algorithme qui exploite le temps d’appui sur chaque touche et le temps entre chaque touche, la saisie du mot de passe est enregistrée pour bâtir un profil de frappe de l’utilisateur. Le droit d’accès est alors accordé en fonction du niveau de ressemblance du profil de la personne qui frappe le mot de passe, et le profil de référence défini par l’utilisateur.

Tom's Guide - http://www.tomsguide.com