Aller plus loin : le CPL

Url : http://www.bestofmicro.com/guide/savoir-CPL,5-aWRHdWlkZT02MSZpZENsYXNzZXVyPTEwMg==.html le 22/06/2007 à 20:44:01

De l’Internet haut débit au boîtier CPL

Un adaptateur branché directement sur le modem ou la box

Cela évite que l’un des PC soit obligé de rester allumé pour le partage de la connexion Internet. Si vous avez deux ordinateurs, il vous faudra alors trois adaptateurs.

Un adaptateur branché à chaque ordinateur

C’est le plus simple et le moins coûteux. Seulement, cela oblige à laisser sous tension un PC pour que l’autre se connecte à Internet. Par ailleurs, cela exige que la box ou le modem soient proches de ce PC.

Un même schéma dans les deux cas

Dans les deux cas, l’information transite d’abord par les lignes téléphoniques, est traitée par le modem (ou la box), puis atteint un premier adaptateur CPL. Ce boîtier est en quelque sorte la porte d’entrée qui permet de faire transiter les données sur le réseau électrique de l’habitation. Le modem de l’adaptateur transforme le flux de bits en signal analogique pour l’émission de celui-ci et inclut des informations supplémentaires afin de reconstituer proprement le signal. Pour cela, il intègre des informations permettant de corriger les erreurs. Cette transformation est ce que l’on appelle la modulation. C’est sous cette forme, modulée, que l’information traverse les fils de cuivre.

Dans les fils de cuivre du réseau électrique

Comment ça fonctionne ?

Le courant électrique qui transite dans le réseau de la maison possède deux caractéristiques essentielles : la tension et la fréquence. En France, le signal électrique seul fonctionne avec une fréquence de 50 Hz et une tension de 220 V. Pour faire transiter des données sur ce courant, on utilise un signal qui varie entre 1,6 et 30 MHz pour une tension de 1 V. L’idée est de faire porter les données par ce courant électrique de base. Le CPL se comporte alors comme une planche de surf sur des rouleaux : il suit la vague tout en conservant ses caractéristiques.

Le multiplexage des données

La plage de fréquences (1,6 à 30 MHz) est nécessaire pour faire transiter les données avec des débits importants. Le principe employé s’appelle « OFDM » (Orthogonal Frequency Division Multiplexing, soit « multiplexage par répartition en fréquences orthogonales »). Il consiste à diviser sur un grand nombre de porteuses le signal numérique que l’on veut transmettre. Plus concrètement, la même information est envoyée simultanément sur le plus de canaux possible. De plus, on fait en sorte que les fréquences des porteuses soient les plus proches possible pour transmettre le maximum d’informations. De cette façon, il y a peu de pertes de données et peu d’erreurs et, en conséquence, un débit correct.

Le débit

La technologie du CPL date de 1950. Son débit de quelques kilobits par seconde l’a longtemps limité à quelques tâches réservées au pilotage d’appareils électroménagers, ou à commander l’allumage de l’éclairage public dans les villes. Aujourd’hui, EDF s’en sert encore afin de relever les compteurs à distance. Côté pratique, cette utilisation du CPL occupe les fréquences assez basses allant de 3 à 148 kHz.

C’est à partir de l’an 2000 que le CPL est devenu intéressant, car utilisable pour transporter des données informatiques en grande quantité. Les progrès techniques ont élevé le débit à 14 Mbit/s. La norme permettant ce débit s’appelait alors HomePlug 1.0. Puis, à 85 Mbit/s (norme HomePlug Turbo). Une version à 200 Mbit/s est lancée mi-2005. Et, fin 2006, une version de 200 Mbit/s permettant de faire transiter des données audiovisuelles est disponible. La norme change alors de nom pour s’appeler « HomePlug AV ». Pour le haut débit, la plage de fréquences utilisées s’étend de 4,3 à 20,9 MHz.

Si les appareils affichent des performances séduisantes (200 Mbit/s), ces débits restent toutefois théoriques. Dans la pratique, il faut au moins diviser par deux, sinon plus, le chiffre avancé. Pour un système à 200 Mbit/s, comptez sur 80 Mbit/s réels. D’autre part, plus il y a d’adaptateurs, et plus ce débit baisse.

La compatibilité

Le HomepPlug 1.0 est compatible avec le HomePlug Turbo 85 Mbit/s, les produits pouvant fonctionner ensemble au sein d’un même réseau. Toutefois, mieux vaut toujours utiliser des adaptateurs dotés des mêmes caractéristiques, car il y a de forte chances qu’un réseau doté d’adaptateurs aux normes hétéroclites ne fonctionne pas. En revanche, le HomePlug AV n’est pas compatible avec les anciennes générations de standards. Néanmoins, le HomePlug AV peut coexister avec un réseau HomePlug, sans qu’ils se perturbent l’un l’autre. Il est donc possible de créer deux réseaux sur le même câblage électrique. Simplement, ils ne pourront pas communiquer entre eux.

À savoir

Les fils d’un réseau électrique ne sont pas conçus initialement pour véhiculer ces signaux haute fréquence. Ils rayonnent alors de la haute fréquence sur tout le réseau électrique, avec les perturbations que cela peut entraîner. C’est pourquoi l’installation électrique doit être récente et bien isolée.

Le filtre et le coupleur

Le filtre et le coupleur

Une fois que l’information transformée en haute fréquence est portée par le courant électrique, que le signal rencontre un autre adaptateur CPL, un filtre tombe. Il permet d’éviter de griller le matériel en cas de montée subite de tension. Ce filtre fonctionne comme une bande de puissance réglée pour les montées de tension. Son rôle est aussi d’atténuer le « bruit » généré par les autres appareils électriques branchés sur le chemin câblé entre les deux PC. Il en effet prouvé qu’un appareil très gourmand en puissance (four, machine à laver), lorsqu’il se met en marche, fait chuter considérablement le taux de transfert.

Vient ensuite le coupleur. Ce dispositif est directement intégré à l’entrée des récepteurs CPL. Sa fonction consiste à éliminer les composantes basse fréquence, autrement dit le signal du courant électrique classique. Il ne reste alors que les signaux haute fréquence (de 1,6 à 30 MHz). Le signal est ensuite traité par le modem pour être transformé de l’état analogique à l’état numérique. C’est lui qui utilise toutes les informations de correction d’erreur afin de reconstituer le flux de bits original. C’est ce qu’on appelle la démodulation. Enfin, les informations parviennent à l’autre ordinateur.

Régulation et sécurisation des données

La régulation et la sécurisation des données

Si vous possédez plus de deux adaptateurs, le problème de la régulation des données se pose. Pour éviter que des données se perdent en route, il est nécessaire que les adaptateurs communiquent entre eux. Pour cela, ils sont équipés d’une clé, un peu comme s’il s’agissait d’un mot de passe pour s’identifier et accéder au réseau. Cette clé permet donc également de protéger les données transférées. Le principe est à peu près le même que celui que l’on peut trouver sur les dispositifs Wi-Fi classiques. Aussi, dans le cadre d’un transfert simultané de données, les adaptateurs définissent entre eux un ordre de priorité. De cette façon, un adaptateur ne commencera à émettre ses données que lorsque le transfert précédent aura été terminé. Ce procédé empêche tout autre adaptateur qui serait branché, mais non reconnu par les autres, d’intercepter les données.

Question sécurité, il faut savoir que le transformateur situé à l’extérieur de votre maison n’empêche pas le signal de données de voyager au-dehors. Cela permet à n’importe qui d’accéder au réseau et, par exemple, d’en utiliser la connexion Internet. C’est pourquoi le système de clé et de mot de passe est essentiel. Mais, comme pour n’importe quel type de réseau, pour décourager les squatters, il est nécessaire d’appliquer un cryptage des données transitant sur le réseau électrique en 56 bits, ou, de préférence, en 128 bits. Les constructeurs fournissent cet outil de sécurisation avec les adaptateurs. Le traditionnel pare-feu (Firewall) de serveur d’authentification et de réseau privé virtuel est également un plus.

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