Aller plus loin

Url : http://www.bestofmicro.com/guide/savoir-Enceintes-HiFi-et-Home-Cinema,5-aWRHdWlkZT03OCZpZENsYXNzZXVyPTEzNg==.html le 31/10/2007 à 18:16:29

Principe de la reproduction sonore

La reproduction sonore

Le principe de reproduction du son repose sur la capacité à mettre en mouvement de l’air qui, par propagation, va venir jusqu’aux oreilles qui à leur tour le transforment en son. Pour ce faire, la membrane du haut-parleur doit avoir des mouvements d’excursion (déplacements avant et arrière). Le nombre de déplacements par seconde correspond aux fréquences hertziennes. Plus ils sont importants, plus les fréquences sont aiguës et moins la membrane a une amplitude importante pour pouvoir reproduire ces nombreuses oscillations. Du coup, ces mouvements sont invisibles à l’œil alors que dans les basses fréquences, le mouvement de la membrane est d’autant plus important que la fréquence à reproduire est basse.

Pour imager la propagation des ondes sonores, il suffit de la comparer à un caillou qui tombe dans une marre d’eau et qui, après l’impact, va créer des vagues concentriques et successives. La crête de la vague matérialise un front d’onde sonore qui est suivi par un creux. La distance entre la crête et le creux correspond à une sinusoïde dont la longueur est le Hertz.

Une fois ce principe assimilé, il est beaucoup plus aisé de comprendre la suite : le placement des enceintes et l’impact sur le grave.

Historique du haut-parleur

Le haut-parleur a été mis au point en 1875 par Alexander Bell. Le premier brevet fut déposé par Ernst Wermer sous la marque Siemens en 1877 mais c’est en 1925 que les chercheurs Rice et Kellog mirent au point le haut-parleur électrodynamique conique tel qu’on l’utilise aujourd’hui.

Les diamètres de haut-parleurs les plus courants sont 10 cm (4 pouces), 13 cm (5"), 16,5 cm (6,5"), 20 cm (8"), 25 cm (10"), 30 cm (12"), 38 cm (15") et 46 cm (18").

La stéréophonie

Le premier format sonore fut la monophonie puisqu’une seule enceinte composait le système. La diffusion stéréophonique remonte à 1884 mais ce ne fut qu’après guerre qu’elle se démocratisa.

La prise de son stéréophonique met en œuvre deux microphones qui captent l’image sonore. En fonction de la technologie employée, la différence d’intensité ou de phase des signaux, voire les deux associés, permet de s’approcher de la captation du son par les deux oreilles. Les deux enceintes qui composent un système hi-fi restituent le signal de chaque microphone et, en fonction de la différence d’intensité et de temps, le son semble provenir d’une ou de l’autre enceinte, voire des deux mais dans ce cas, il est perçu comme s’il émanait d’une seule enceinte virtuelle placée entre elles.

La stéréophonie fut une révolution car elle a permis d’offrir une image sonore large avec beaucoup de relief, semblable à ce que l’on perçoit en réalité. L’ambiance prend une proportion considérable, sans empêcher d’avoir en même temps une forte focalisation des voix malgré l’utilisation de deux enceintes.

Pour bénéficier des avantages de la stéréophonie, le placement des enceintes et la position de l’auditeur sont prédominants.

Le haut-parleur électrodynamique

Conception d’un haut-parleur

Cette technologie est la plus ancienne et la plus utilisée.

Elle comprend une bobine de cuivre placée sur un support circulaire, solidaire de la membrane. La bobine mobile est reliée à un bornier par deux fils souples (pour pouvoir suivre les mouvements de la membrane).

En périphérie extérieure de la membrane se trouve la suspension (en caoutchouc ou en papier plissé) qui va permettre de guider celle-ci, tandis qu’à sa base (sur la bobine mobile), le spider (en tissu armé et plissé) va faire de même tout en faisant office de centrage.

La membrane est formée à partir de pulpe de cellulose (papier) qui peut être traitée, renforcée avec des fibres diverses, ou tout simplement tressée en fibres de verre ou de carbone. D’autres solutions cohabitent comme l’aluminium, les matériaux synthétiques tels le polypropylène et le carbone, ou encore des sandwichs constitués de feuilles de fibres placées de part et d’autre d’une âme synthétique. Dans tous les cas, les seuls maîtres mots sont rigidité et légèreté.

Un aimant procure un champ magnétique constant qui traverse la bobine mobile dans un espace appelé entrefer. Une plaque métallique appelée plaque de champ canalise cette force magnétique. Un système de blindage magnétique est généralement ajouté sur l’aimant pour éviter toute fuite qui risquerait d’altérer l’image d’un téléviseur à proximité. Tous ces composants sont fixés sur un châssis nommé saladier qui peut être en plastique ou en tôle emboutie pour les moins onéreux, et en alliage moulé pour les plus coûteux.

Les tweeters reprennent le même principe tout en étant miniaturisés. La membrane est un dôme concave ou convexe fabriqué à partir de tissu imprégné ou de soie, d’aluminium ou de titane, voire de matériaux synthétiques.

Principe de fonctionnement et limites d’un haut-parleur

Principe de fonctionnement et limites d’un haut-parleur

Le principe de fonctionnement repose sur un phénomène physique décrit par la loi de Laplace. Une tension électrique alternative en provenance de l’amplificateur, appliquée à la bobine, va créer un champ autour d’elle, en opposition à celui généré par l’aimant. Suivant la polarité appliquée à la bobine, celle-ci avance si elle est positive et recule si elle est négative.

De nombreux paramètres peuvent dégrader le fonctionnement d’un haut-parleur mais la principale limite physique est le dégagement calorifique. En effet, la résistance électrique de la bobine va se transformer en un dégagement thermique (effet de Joule). Cette chaleur est évacuée par des astuces propres ou communes aux constructeurs : membrane aluminium, radiateur additionnel, culasse ventilée, utilisation de ferrofluide (huile chargée de particules métalliques dans l’entrefer).

A la capacité de dissipation thermique va correspondre la tenue en puissance du haut-parleur exprimée en watts. En cas de dépassement thermique, donc de surchauffe, le fil de cuivre de la bobine va brûler le vernis qui assure son isolation électrique. Un court-circuit aura lieu et le haut-parleur ne fonctionnera plus. Dans le cas extrême, il peut prendre feu.

Les autres technologies

Le haut-parleur électrostatique

D’autres alternatives au haut-parleur électrodynamique existent mais elles sont beaucoup plus confidentielles.

Le haut-parleur électrostatique

Cette technologie a connu ses débuts en 1931 pour devenir plus aboutie grâce à la firme Quad qui mit sur le marché en 1957 un panneau qui fit sensation.

Le principe est basé sur un diaphragme constitué d’une fine membrane plane en mylar qui reçoit un revêtement conducteur de grande résistance électrique. Ce diaphragme, placé entre deux électrodes perforées (pour laisser passer l’onde sonore), est chargé en continu par un générateur haute tension. Le signal en provenance de l’amplificateur est appliqué via un transformateur aux électrodes alternativement chargées positivement et négativement. Comme des charges de signe contraire s’attirent, et de même signe se repoussent, suivant la polarisation du signal audio, la membrane est attirée par l’électrode chargée positivement et repoussée par celle chargée négativement. Les avantages du panneau électrostatique résident dans la bonne adaptation d’impédance avec l’air de ce haut-parleur. Cela permet de s’affranchir de coffret et des problèmes d’ondes stationnaires afférents. La membrane étant excitée sur toute sa surface, elle n’a pas besoin d’être rigide. Sa masse mobile négligeable de grande surface permet une réponse transitoire ultra rapide, une absence de traînage et un fonctionnement en piston sur une large gamme de fréquences. En revanche, le rendement est plus faible qu’avec les haut-parleurs électrodynamiques et il nécessite des amplis stables et capables de fournir du courant sous une très faible impédance (1 Ohm au lieu de 8 habituellement). Malgré l’absence de coffret, le panneau électrostatique doit être de grande surface pour reproduire les fréquences graves. Ses dimensions peuvent aller de 1,45 m de haut par 26 cm à 70 cm de large pour seulement une quinzaine de centimètres de profondeur. Les plus grands panneaux mesurent 2,1 x 1 m ! Quad et Martin Logan restent les plus grands acteurs dans cette technologie

Haut-parleurs à rubanet isodynamique

Le haut-parleur à ruban

Il reprend le même principe de fonctionnement que le haut-parleur électrodynamique sauf que la membrane est remplacée par un ruban métallisé très mince. Ce ruban intègre le moteur (bobine mobile) et il baigne directement dans l’entrefer de l’aimant. Cette technologie est employée essentiellement pour les tweeters, voire les haut-parleurs des médiums/aigus.

Le haut-parleur isodynamique

Bien que d’apparence similaire aux panneaux électrostatiques, le haut-parleur isodynamique est un dérivé de la technologie électrodynamique. La membrane plane comprend à sa périphérie la bobine à plat de fil de cuivre. Des rangées de barreaux de sens magnétiques opposés sont placés alternativement verticalement sur un support perforé. La membrane se déplace toujours selon le principe de Laplace, en fonction de la polarité du signal délivré par l’amplificateur. Les panneaux isodynamiques ont des dimensions similaires à ceux qui ont une technologie électrostatique. Magnepan est le constructeur les plus réputé dans ce domaine.

Haut-parleurs piézoélectriques et ioniques

Le haut-parleur ionique

Cette technologie utilise une ionisation de l’air (plasma) chauffée par un courant électrique de haute fréquence. Un arc électrique permanent, créé par le courant haute tension, va moduler le diamètre d’une bulle de plasma (en fonction du message musical). La variation des molécules constituant l’arc entraine la fluctuation des molécules d’air qui, soumises à des chocs successifs, vont produire le son.

Le tweeter ionique est aussi performant qu’il est coûteux. Il est proposé entre autres par le manufacturier Acapella.

Le haut-parleur piézoélectrique

Le principe de fonctionnement de ce haut-parleur repose sur les propriétés de déformation (contraction et dilatation) des matériaux piézoélectriques. Découvert en 1880 par Pierre Curie mais exploité à des fins de reproduction sonore par Motorola dans les années 60, les matériaux céramiques qui constituent cette technologie sont utilisés sous forme de minces couches circulaires de faible épaisseur. La polarisation permanente de ces matériaux (comme les aimants) permet à la couche d’augmenter ou de rétrécir sous l’action d’une tension électrique.

Variantes du haut-parleur électrodynamique

Le haut-parleur à compression

Utilisé dans les moyennes et hautes fréquences, le système à compression utilise une membrane qui rayonne indirectement par le biais d’un pavillon. Le pavillon communique avec la membrane par sa gorge qui est de section inférieure. Les ondes sont donc en partie comprimées avant de s’engager dans le pavillon et de sortir par son embouchure. Le pavillon améliore grandement le rendement mais dégrade la directivité qui devient plus prononcée.

L’avantage de cette technologie par rapport à un haut-parleur conventionnel est une portée accrue du signal, plus en phase avec celui des graves qui peut se propager bien plus loin que les aigus. Les haut-parleurs à compression sont donc surtout utilisés dans le monde de la sonorisation, que ce soit pour les concerts ou les cinémas. Quelques adeptes les utilisent en haute fidélité et seule une marque a réussi à industrialiser ce concept pour le grand public : Klipsch dont la réputation en Home Cinema n’est plus à faire.

Le haut-parleur coaxial

Au lieu d’être placés côte à côte, le haut-parleur des aigus est positionné au milieu du haut-parleur des médiums, pour ne faire qu’un transducteur. L’émission des ondes sonores devient concentrique au lieu d’être séparée, ce qui améliore la cohérence spatiale des sources acoustiques.

Cette technologie est la spécialité de Kef, Tannoy, Cabasse et Thiel.

Les filtres

Role des filtres

La reproduction de l’aigu n’a pas les mêmes exigences que celle du grave. Chaque haut-parleur étant spécialisé dans son registre, il n’est pas capable de fonctionner en dehors de celui-ci car il se trouve limité par ses caractéristiques mécaniques. En effet, un subwoofer, du fait du poids de sa membrane, ne peut pas vibrer suffisamment vite pour reproduire des aigus, et un tweeter est incapable de déplacer suffisamment d’air pour reproduire du grave. D’autre part, chaque registre demande une puissance électrique très différente, beaucoup plus élevée dans le cas du grave que celui de l’aigu. C’est la raison pour laquelle les haut-parleurs des graves acceptent davantage de puissance que ceux des aigus. Si l’envoi de fréquences aiguës à un haut-parleur de graves n’a aucune conséquence physique si ce n’est qu’il ne peut pas les restituer, faire l’inverse endommage irrémédiablement le tweeter qui ne peut reproduire autant d’énergie.

Les filtres ont pour rôle de ne sélectionner que les fréquences que l’on souhaite faire passer. La gamme des filtres d’enceintes comprend trois éléments :

  • Filtre passe haut : ne laisse passer que des fréquences au-dessus d’une fréquence déterminée, appelée « fréquence de coupure ». Il atténue donc les basses fréquences.
  • Filtre passe bas : son action est de ne laisser passer que les fréquences en dessous de sa fréquence de coupure. Il atténue les fréquences hautes.
  • Filtre passe bande : c’est un mélange des deux filtres précités : il ne laisse passer qu’une certaine plage de fréquences en atténuant celles au-dessus et en dessous.

Réalisation des filtres

Outre sa fréquence et son type, ce qui caractérise un filtre, c’est son atténuation. Elle est exprimée en dB/Octave et s’échelonne de 6 à 48, en passant par les multiples de 6. L’octave désigne un doublement de la fréquence. Plus la pente d’atténuation est importante, plus le signal est affaibli rapidement.

Techniquement, le filtre peut être réalisé de manière passive ou active.

Un filtre passif utilise uniquement des composants passifs (self, condensateur, résistance) et ne fait pas appel à un courant électrique extérieur pour fonctionner, alors que c’est le cas d’un filtre actif. Ce dernier utilise des composants actifs (transistor, amplificateur opérationnel, circuit intégré), peut amplifier un signal, est miniaturisable contrairement au passif. Il ne travaille que sur de faibles tensions et, par conséquent, il n’est utilisé qu’en amont des enceintes, dans les amplificateurs audio ou avant ceux-ci. Les filtres intégrés dans les enceintes sont passifs. En cas d’utilisation de filtrage actif, les filtres passifs n’ont plus lieu d’être utilisés mais il est nécessaire d’avoir un amplificateur par voie.

La puissance nécessaire

Le niveau sonore

La puissance requise est déterminée par deux facteurs : le rendement des enceintes et la superficie de la pièce. Mais le facteur le plus important est de déterminer de quel niveau sonore a-t-on besoin.

Pour une notion plus concrète de la puissance acoustique requise, voici quelques valeurs usuelles :

0 dB (A) : seuil d’audibilité (inexistant dans la nature mais uniquement en laboratoire acoustique) 10 dB (A) : bruissement de feuille (vent) 20 dB (A) : chambre à coucher silencieuse 30 dB (A) : conversation à voix basse 40 dB (A) : appartement tranquille 50 dB (A) : machine à laver 60 dB (A) : conversation à voix normale 70 dB (A) : rue avec trafic 80 dB (A) : chaine hi-fi à volume moyen 90 dB (A) : usine bruyante 105 dB (A) : niveau autorisé en discothèque 110 dB (A) : marteau piqueur 120 dB (A) : orchestre symphonique 130 dB (A) : moteur à réaction à proximité 140 dB (A) : TGV entrant dans un tunnel

Une élévation de 3 dB correspond à une puissance acoustique théorique multipliée par deux ou en pratique, à une augmentation du niveau sonore d’un cran.

Rendement et disposition

L’augmentation du niveau sonore a une incidence logarithmique sur la puissance à délivrer par l’amplificateur. Il faut doubler la puissance pour accroître le niveau sonore de 3 dB donc, si avec 16 watts le niveau de pression acoustique est de 90 dB, il faudra 32 W pour 93 dB, 64 W pour 94 B et 128 W pour 97 dB. Partant de ce constat, qu’un amplificateur fasse 80 W ou 90 W ne change pas grand-chose.

L’autre solution équivalente consiste à doubler le nombre de haut-parleurs pour chaque augmentation de 3 dB.

Le rendement de l’enceinte (en dB) est défini suivant une puissance de 1 W à une distance de 1 m. Ce facteur est important puisque plus la sensibilité d’une enceinte est élevée, moins il faudra de puissance de la part de l’ampli pour permettre un niveau sonore équivalent à une autre enceinte de plus faible rendement. Par exemple, une enceinte avec 90 dB de rendement aura besoin de 60 W pour fournir le même niveau sonore qu’une enceinte avec un rendement de 93 dB alimentée par 30 W.

La distance entre le point d’écoute et l’enceinte est le deuxième facteur à considérer pour le choix d’un ampli. Plus l’éloignement est important, plus le niveau sonore chute. A chaque fois que la distance double, la perte de puissance acoustique est de 6 dB. Si à 1 m de l’enceinte le niveau de pression acoustique est de 90 dB, à 2 m il sera de 84 dB et à 4 m de 78 dB.

Différentes configurations

Pour une configuration hi-fi confortable en puissance, le niveau sonore peut monter sur des forte à 105 dB alors qu’en usage moyen, la puissance sera comprise entre 80 et 85 dB.

De la même manière, en usage Home Cinema, le niveau sonore de scènes d’action peut aller de 100 dB à 105 dB alors que les dialogues seront à 85 90 dB. Ce sont des niveaux de pression acoustique que l’on trouve dans les cinémas.

Pour de la sonorisation, les limites sont fonction de la superficie à sonoriser qui demande un plus grand nombre de diffuseurs plutôt que deux enceintes qui crachent à 120 dB. Il y a surtout moins de risques de surdité pour les personnes placées à proximité.

Mieux vaut avoir de la réserve en puissance qu’un système qui fonctionne au taquet en permanence, le son n’en sera que meilleur et surtout les risques pour les haut-parleurs seront moindres. En effet, un amplificateur fonctionnant à pleine puissance émet de la distorsion qui, si elle est trop élevée, se révèle destructrice pour les haut-parleurs. Il y a moins de risques de casse avec un amplificateur plus puissant que les enceintes que l’inverse.

En fonction de l’usage de chacun, il est facile de déterminer la puissance nécessaire en appliquant les recettes ci-dessus et pour connaître le niveau maximal reproductible par les enceintes (dB SPL) (Sound Pressure Level), se reporter aux spécifications produits des constructeurs.

La mise en œuvre des enceintes

Placement des enceintes

L’emplacement des enceintes est bien souvent dicté par l’environnement domestique, au détriment des lois acoustiques. S’accommoder d’emplacements non adaptés entraîne une dégradation du rendu sonore qui s’avère parfois catastrophique.

En effet, le placement des enceintes par rapport aux murs influe grandement sur le son émis. Plus l’enceinte est approchée d’un mur, plus le niveau de graves sera renforcé, créant ainsi un déséquilibre spectral. Un placement éloigné des murs est la solution offrant le meilleur résultat et chaque paroi proche augmente le niveau du grave de 3 dB, ce qui correspond électriquement à doubler la puissance envoyée dans les basses fréquences. Dans un coin de la pièce, le gain sera alors de 6 dB soit trois fois plus de puissance dans les graves par rapport aux médiums/aigus. Ce phénomène est encore plus accentué si l’évent de la charge bass-reflex se trouve à l’arrière de l’enceinte. Un placement des enceintes à 50 cm des murs est le minimum recommandé.

Il ne faut pas omettre que l’axe des haut-parleurs médiums et aigus doit correspondre à celui des oreilles et qu’aucun obstacle ne doit interférer dans la propagation directe du son. Des pieds ou équivalents sont obligatoires pour les enceintes bibliothèques.

Positionnement des enceintes

Reste à définir la position des enceintes qui, avec l’auditeur, doivent former au minimum un triangle équilatéral. La distance auditeur/enceinte peut être plus importante que celle séparant les deux enceintes, avec un ratio de 1,1 à 1,5 fois supérieur. La position des enceintes est ainsi symétrique et idéalement, il doit en être de même avec la pièce.

Enfin, l’orientation des enceintes se choisit avec un mode mono sur l’amplificateur ou en utilisant un disque qui ne comporte qu’une seule voix. De la position d’écoute, la voix doit être unique et bien focalisée entre les deux enceintes. Pour ajuster cette sensation tout en permettant un champ sonore large, les enceintes doivent être orientées soit vers l’intérieur, soit vers l’extérieur. Quelques centimètres suffisent pour influer grandement sur le résultat.

En Home Cinema, les enceintes principales réclament les mêmes recommandations qu’en hi-fi et pour l’emplacement des enceintes centrale et surrounds, se référer au guide « Kit Home Cinema ».

L’acoustique du local

Bien que l’attention est souvent portée sur la partie active du système (la chaine hi-fi), il ne faut pas négliger la partie passive (le local) qui, à elle seule, peut annihiler le rendu s’un système. Le meilleur des systèmes placé dans un local à l’acoustique affreuse aura un rendu identique à celui de la pièce.

En fonction de la réverbération, le rendu peut varier du tout au tout. Une pièce très claire, c’est-à-dire qui résonne par manque de mobilier ou à cause de grandes surfaces réverbérantes, donne un son imprécis, agressif et peu consistant. Alors qu’une pièce très mate, avec de la moquette et du tissu mural offre un son étouffé et sans vie.

L’idéal est un mélange des deux avec une prédilection en hi-fi pour un rendu amortissant à l’arrière de la pièce et légèrement réfléchissant à l’avant, au niveau des enceintes. Le Home Cinema réclame l’inverse et il est donc difficile de marier les deux.

En premier lieu, il faut analyser le rendu des différents endroits du local grâce à un moyen simple qui consiste à frapper sèchement dans les mains et à écouter le son qui en ressort pour voir s’il est amorti ou si un écho est perceptible. Pour corriger le rendu, deux solutions sont envisageables : soit amortir le son avec des matériaux absorbants (rideaux, tapis, tentures) soit le diffracter avec des matériaux réfléchissants composés d’irrégularités (tableau, bibliothèque, bibelots, mobilier).

Absorption et diffraction

L’absorption absorbe une grande partie des ondes sonores tandis que la diffraction consiste à les casser et à les renvoyer sous forme de multiples petites ondes. Une bibliothèque constituée de livres de toutes dimensions est le parfait exemple d’un panneau diffusant comme ceux utilisés dans le monde professionnel : les panneaux de Schroeder.

Ces deux moyens sont bien adaptés au traitement des moyennes et hautes fréquences mais pas à celui des basses. En raison de la longueur et de l’énergie de ces fréquences, seule des solutions encombrantes sont viables : bass-trap, résonateurs de Helmholtz ou murs en laine de verre très épais (plusieurs dizaines de cm). Le seul moyen de limiter les dégâts consiste à trouver la position d’écoute dans la pièce, où le niveau de graves est linéaire par rapport aux autres registres. Comme cela a été vu en début d’article, les ondes sonores se propagent par vagues successives et suivant les dimensions de la pièce, certains endroits vont se trouver dans le haut de la vague, donc avec beaucoup de basses (coins et proximité des murs), et d’autres dans le creux. Généralement, le premier et deuxième tiers de la longueur d’une pièce se situent dans le creux des ondes sonores.

De manière générale, il est recommandé d’appliquer à chaque fenêtre des rideaux en plus des voilages. Ils peuvent être doublés pour absorber davantage les sons. Un tapis placé entre l’auditeur et les enceintes permet de limiter les réflexions primaires qui sont les plus néfastes à la stabilité de la scène stéréophonique. Pour déterminer ces réflexions, il suffit de placer un miroir sur la surface à traiter jusqu’à trouver la position qui permet de voir les haut-parleurs des médium et des aigus. Il est vivement conseiller de faire de même sur les murs latéraux et de traiter l’endroit avec du mobilier, un tapis de décoration mural, des étagères, voire des tableaux en quinconce.

Choix des enceintes

Les critères de choix

Le choix d’enceintes se fait sur les critères techniques décrits dans le dossier, l’esthétique, l’association taille d’enceinte/local, l’usage, mais avant tout sur l’aspect sonore. Autant choisir ce qui convient le mieux à chacun car n’achète-t-on pas des enceintes pour écouter de la musique ?!

Sachant que des différences de restitution sont très marquées d’une marque et d’une gamme à l’autre, l’idéal est d’écouter et de comparer des enceintes. Il convient de prendre quelques-uns de vos CD préférés, variés sur le plan musical, puis de se rendre dans un auditorium spécialisé pour avoir plus de choix et une meilleure mise en œuvre des matériels. Il est néanmoins conseillé de jeter une oreille sur l’acoustique du local pour vous faire une idée par rapport à celle que vous possédez. Cela évite des erreurs de choix car au final, c’est chez vous que seront installées les enceintes.

L’idéal est de prendre rendez-vous pour avoir des conditions optimales : ne pas être gêné par les visites impromptues des autres clients, pouvoir comparer et prendre son temps. Il faut aussi être reposé (l’humeur joue sur la perception). En cas de doutes entre des modèles, n’hésitez pas à renouveler l’expérience.

Testez avant d'acheter

Au premier abord, la plupart des gens disent ne pas entendre de différences mais après une petite demi-heure de concentration, celles-ci deviennent de plus en plus évidentes. Vous pouvez fermez les yeux pour éviter d’être déconcentré par les autres sens.

Une fois quelques modèles sélectionnés, demandez à changer l’électronique dont chaque partie à un caractère affirmé (amplificateur et lecteur CD). Certaines associations peuvent se révéler plus judicieuses que d’autres ou, au contraire, défavoriser des enceintes.

Enfin, concentrez-vous sur les produits les plus polyvalents, à même de fonctionner sur tous types de musiques car avec le temps, les goûts musicaux changent, vont et viennent. Attention aux sonorités aguicheuses, graves et aigus en avant, qui flattent l’oreille et qui font qu’une enceinte sort du lot mais qui à la longue, la rendent insistante et agaçante.

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